Bonjour!

Je m'appelle Kuba. J'aime raconter des histoires qui comptent.

  1. Pourquoi est-ce que je tiens tant au travail sur l'image? C'est simple. Les images parlent une langue universelle: elles éveillent des émotions et racontent des histoires comme les mots seuls ne sauraient le faire. Être derrière la caméra m'a offert une liberté unique de m'exprimer et de construire un récit.

  2. Pendant près de vingt ans, j'ai réalisé des centaines de reportages et de sujets documentaires pour des magazines d'information nationaux comme Magazyn Ekspresu Reporterów, Alarm, Telekurier ou Reporterzy. J'ai fait mes débuts de journaliste dans une rédaction d'information, mais j'ai assez vite compris que, pour faire des sujets qui retiennent vraiment le téléspectateur, je devais devenir un créateur polyvalent, qui comprenne chaque facette du métier de la télévision. C'est pourquoi, dans mon travail, je ne me cantonne pas à un seul rôle. Je prends en charge toute la chaîne de production: de la documentation minutieuse au montage final et à la postproduction, en passant par la prise de vues, les interviews et l'écriture.

  3. Mon approche mêle l'amour des arts visuels et l'obstination à raconter des histoires qui ont un vrai impact sur la réalité. Il ne s'agit pas seulement de tenir une caméra, de monter avec habileté ou de poser des questions difficiles – il s'agit de se servir de l'image pour créer du lien, impliquer le spectateur et l'obliger à réfléchir.

  4. Dans mes reportages, j'ai cherché à donner la parole à des gens qui en sont, au quotidien, totalement privés. Le journalisme d'interpellation, ce sont pour une bonne part des rencontres avec des personnes en crise – des gens impuissants face à une machine bureaucratique sans âme, ou aux prises avec les conséquences dramatiques de la dégradation de l'environnement. Un bon exemple: la série de reportages que j'ai consacrée aux effondrements de terrain et au coût social colossal qui s'est abattu du jour au lendemain sur la population locale après la fermeture de la mine d'Olkusz-Pomorzany.

  5. Mais l'univers impitoyable du journalisme d'interpellation ne m'a pas seulement appris l'empathie: il m'a aussi appris à régler les problèmes en un éclair et à faire preuve d'un pragmatisme brutal. Travailler sur le terrain, souvent dans une extrême urgence et dans des conditions imprévisibles, m'a contraint à une autonomie totale. Mais, en même temps, c'est précisément cette indépendance qui me donne la plus grande liberté: elle me permet de raconter une histoire de A à Z.

  6. J'ai toujours été porté par une pure curiosité du monde. Nous vivons une époque follement intéressante, ce qui veut dire qu'on ne peut pas faire du surplace: il faut sans cesse progresser, remettre en question ses présupposés et tout réapprendre, encore et encore. Je le prends comme un défi, et les nouvelles technologies y sont de puissants alliés. C'est précisément cette soif de savoir qui a fait évoluer, tout naturellement, ma pratique de reporter vers des solutions fondées sur l'intelligence artificielle. Aujourd'hui, je cherche de nouveaux défis à la croisée des médias et de la technologie – là où l'expérience de reporter et la connaissance pratique de l'IA apportent ensemble plus que chacune séparément.

  7. EnsuiteApps

À propos de moi

Parler de moi ne m'a jamais été facile. D'abord parce que j'ai le sentiment d'en savoir encore bien peu sur moi-même. J'ai quarante ans bien sonnés et je n'ai toujours pas d'avis arrêté sur la plupart des questions que les gens jugent « déterminantes ». J'essaie toujours de laisser place à plusieurs points de vue et de ne m'attacher à aucun plus longtemps qu'il ne résiste à l'épreuve du réel. Beaucoup verront peut-être un défaut dans cette absence d'opinions tranchées et immuables ; pour un journaliste ou un chercheur, j'y vois au contraire la plus grande des qualités.

J'ai vécu la plus grande partie de ma vie en Pologne. Mon histoire avec la narration visuelle a commencé dans l'atelier d'artiste de mon grand-père – un lieu presque sacré pour moi, où j'ai compris quelle force de frappe peut avoir une seule image. Mais c'est dans une rédaction que ma carrière a commencé, comme journaliste et monteur vidéo. Cette expérience m'a fait connaître de fond en comble chaque facette du métier de la télévision et a fait de moi un créateur polyvalent. Pendant 20 ans, j'ai été reporter pour la Télévision polonaise (TVP). C'est d'autant plus ironique que, pendant toute mon enfance, il y avait peu de choses dont j'étais aussi sûr que de celle-ci : je ne deviendrais pas journaliste – comme mon père. Je voulais étudier la philosophie et devenir universitaire. La vie, et la nécessité de trouver du travail, ont eu raison de ces projets, mais c'est justement ma capacité d'adaptation qui s'est révélée être mon trait de caractère le plus important. Je me suis retrouvé dans les médias, et je m'y suis plutôt bien retrouvé.

Le journalisme m'a défini. Il m'a appris la discipline et la persévérance, mais il a surtout agi comme une thérapie au long cours – il m'a guéri de mes traumatismes d'enfance. Pendant des années, j'ai eu peur d'adresser la parole à des gens que je jugeais plus intelligents que moi ; la peur du jugement me paralysait. Avec le recul, c'était parfois franchement comique, mais le travail avec une caméra et un micro m'a forcé à affronter cette crainte. Si je tiens encore aujourd'hui au travail dans les médias, c'est justement parce qu'il permet de redécouvrir le monde sans cesse. Il offre la possibilité de redéfinir constamment qui l'on est et sa place, dans les contextes les plus divers. C'est une aventure sans fin.

Vu de l'extérieur, je peux passer pour quelqu'un d'inconstant, voire d'incapable de produire des résultats. Après tout, je n'ai pas terminé mes études, et ma première application, OrsonAI, s'est révélée un pétard mouillé. Je crois pourtant profondément qu'il faut, dans la vie, explorer sans relâche les possibles et savoir pivoter quand les circonstances l'exigent. À l'inverse, je suis capable de m'investir à fond dans les projets qui ont du sens à mes yeux – avoir passé 20 ans dans un seul secteur, et un secteur extrêmement exigeant, est sans doute la meilleure preuve que je prends très au sérieux ce que je fais.

J'aime les tâches qui demandent de la créativité. Je sais, cela sonne convenu, et le mot peut aujourd'hui désigner littéralement n'importe quoi ; c'est pourquoi il a pour moi un sens très concret : se jeter dans le grand bain et se mettre dans une situation où il faut tout construire de zéro. C'est précisément pour cela que j'ai tant aimé le métier de reporter. On peut avoir l'impression que ce sont toujours les mêmes histoires et les mêmes ressorts humains qui reviennent dans les reportages, mais un bon documentariste sait chaque fois les raconter d'une façon entièrement neuve et intrigante.

Si je devais désigner mon plus grand défaut, ce serait sans aucun doute mon manque d'intelligence émotionnelle. Je suis totalement incapable de « sentir l'ambiance ». Si on ne me dit pas les choses directement, il y a fort à parier que je ne les remarquerai pas. Cela peut sembler assez drôle, mais ce paradoxe fait que, sur ce plan, je ressemble parfois étonnamment à une intelligence artificielle.

Et dans le privé ? Ma plus grande joie, c'est ma famille. Voir grandir mes enfants est une expérience fascinante. Je m'en veux pourtant de leur avoir consacré trop peu de temps jusqu'ici – c'est l'une des principales choses que j'essaie aujourd'hui de changer dans ma vie.

J'aime les livres qui me donnent un sentiment de continuité. Ceux qui montrent que les époques et les décors ont beau changer, nous partageons au fond exactement les mêmes joies et les mêmes peines que ceux qui ont vécu des siècles avant nous. D'où ma fascination pour « Les Livres de Jakób » d'Olga Tokarczuk et pour l'œuvre de Marcel Proust. Mon grand rêve, d'ailleurs, est d'apprendre le français assez bien pour pouvoir enfin lire « À la recherche du temps perdu » dans le texte.

J'adore la musique classique – Arvo Pärt, l'ensemble L'Arpeggiata, mais surtout les cantates et les messes de Bach sous la direction de Philippe Herreweghe. Je vis depuis peu en Belgique, pas très loin de Gand, et j'espère vivement avoir bientôt l'occasion d'entendre ses interprétations en concert.

Et à part ça ? J'aime tout simplement écouter la pluie et regarder l'herbe ployer sous le vent. Cela me suffit amplement.

Ma façon de travailler

Le journalisme, et tout particulièrement le travail à la télévision, est avant tout pour moi une manière de découvrir le monde, un laissez-passer vers des lieux et des personnes que je n'aurais jamais approchés autrement. C'est la curiosité qui m'a attiré vers ce métier, et c'est encore elle qui m'y retient. Après 20 ans, j'apprends toujours.

Cet apprentissage n'est d'ailleurs pas un choix, mais une condition du métier. Un journaliste se retrouve sans cesse face à un sujet dont il ne savait presque rien la veille, et la plupart du temps, impossible d'avancer sans une recherche rigoureuse. Les lois changent, les circonstances changent, les personnes concernées changent. C'est pourquoi, dans ce métier, on ne traite jamais deux fois le même sujet – même lorsque les problèmes semblent étonnamment semblables. Deux familles frappées par la même tragédie, ce sont toujours deux histoires différentes, et ce qui était vrai il y a trois ans n'est souvent plus aujourd'hui qu'un point de départ.

Pour beaucoup de mes amis de la profession, le journalisme est une sorte de service. Cette approche m'est proche, à moi aussi – et ce, bien qu'il n'ait pas les structures formelles de l'armée ou de la police, et que moi-même, pendant l'essentiel de ma carrière, je n'aie pu compter, au mieux, que sur la pige. Aucun privilège, aucun parapluie de l'État, aucune sécurité institutionnelle : il n'en a jamais été question. Et pourtant, j'ai toujours eu le sentiment que pesait sur nous un devoir comparable. Que je me sente bien ou mal ce jour-là, que le sujet me soit personnellement pénible, voire qu'il m'expose à un danger physique, ma tâche est tout simplement de « livrer » ce sujet. Les gens ont le droit de savoir, et mon rôle est de leur apporter ce savoir.

C'est précisément pour cela que les prétentions actuelles à l'objectivité absolue m'agacent autant. Ce n'est pas que je ne respecte pas les standards classiques – j'écoute tous les jours, en alternance, la BBC et Radio France, dont j'apprécie profondément les principes déontologiques. Mais soyons honnêtes : pour absolument toutes les chaînes, la frontière entre objectivité et subjectivité commence et s'arrête exactement là où leur ligne éditoriale la trace. Dans bien d'autres cas, ces prétentions ne sont même qu'une façon cynique de se draper dans l'éthos journalistique, dans le seul but de faire passer en contrebande ses propres opinions. Il serait bien plus honnête que chaque rédaction déclare officiellement la vision du monde qu'elle tient pour dominante. La vérité – et c'est une réflexion plus profonde, mûrie au fil des années de tournage – c'est que la télévision n'est, par définition, jamais objective. La subjectivité commence dès la technique et le choix des cadres. La simple décision du cadreur de tenir la caméra à l'épaule (ce qui donne au plan une dynamique nerveuse) ou de la poser sur un trépied est un choix délibéré, qui influe aussitôt sur la narration et sur la réception émotionnelle. Et il faut encore y ajouter le montage, le tri des informations et le son. L'image de télévision est toujours l'interprétation que quelqu'un donne de la réalité.

Pour moi, la véritable éthique journalistique se résume à un contrat tacite avec le spectateur : mon premier devoir est de ne pas lui faire perdre son temps. Cela exige de raconter les histoires de façon à captiver et à intriguer, même si les mêmes motifs universels des drames et des joies humaines défilent à l'écran depuis des décennies. Dans l'univers impitoyable du journalisme d'interpellation, pratiqué dans une urgence permanente, j'ai appris à trouver l'équilibre entre une vision d'auteur et un pragmatisme brutal. Il ne s'agit pas seulement de tenir une caméra ou de poser des questions difficiles. Il s'agit de donner la parole à ceux qui ne l'ont pas, et de manier le langage visuel de façon à créer du lien, à toucher la corde sensible et à trouver un écho chez le public.

Cela suppose, à son tour, une humilité d'artisan et une préparation rigoureuse. Se documenter sur un sujet, pour moi, ce n'est pas seulement mener un entretien préalable avec les protagonistes. C'est arriver sur place assez tôt pour étudier l'architecture des lieux, évaluer comment tombera la lumière pendant le tournage et de quel côté viendra le soleil. Cette part purement analytique, presque d'ingénieur, du travail sur le terrain me permet de planifier le tournage à froid, pour pouvoir ensuite, au moment décisif, me concentrer uniquement sur la personne et son histoire.

Je n'ai jamais couru après les prix de la profession ni envoyé mes reportages dans des festivals. Pour deux raisons. D'abord, en racontant la vie des autres, souvent leurs drames personnels, je n'ai jamais réussi à me sentir « l'auteur » de ces histoires – je ne m'en reconnaissais tout simplement pas le droit moral. Ensuite, pendant des années, je me suis délibérément forgé la réputation non pas d'un artiste individualiste et capricieux, mais d'un joueur d'équipe fiable. J'ai sciemment renoncé à toute prétention artistique au profit de la fluidité du travail. Je faisais mes sujets pour les éditeurs des magazines – efficacement, dans les délais, sans discussions inutiles. Je veillais à ce que les rouages de la machine tournent sans grincer. Je crois profondément que raconter des histoires importantes et peser réellement sur le monde n'exige pas d'ériger un monument à leur auteur.

L'IA dans le journalisme

Je rentre d'un tournage. Les mains sur le volant, la tête bouillonnante de réflexions et d'impressions toutes fraîches du terrain, j'allume un chatbot et je parle tout simplement avec lui. Je raconte ce que j'ai vu, j'essaie à voix haute les premières phrases du sujet, j'énumère ce qu'il me reste à vérifier. Le bot consigne tout, le met en ordre sous forme de notes et commente mes idées au fur et à mesure. De cette conversation naît parfois une première ébauche du texte, parfois seulement une liste d'observations qui m'aide pour la suite du travail sur le sujet. Avant, le temps d'arriver à la rédaction, bien des idées fugaces, mais excellentes, m'avaient tout simplement échappé. Et quand il fallait revenir sur un sujet quelques jours plus tard, je devais redécouvrir bien des choses.

Comme j'utilise l'intelligence artificielle presque tous les jours depuis le lancement de ChatGPT, j'ai du mal à me retrouver dans le débat sur l'IA dans les médias, où ce sont presque toujours le droit d'auteur, l'éthique et la protection des sources qui passent au premier plan. À juste titre, car les modèles affabulent encore : dans une étude de l'UER et de la BBC d'octobre 2025, une réponse sur cinq des assistants d'IA à des questions d'actualité contenait de graves erreurs factuelles, comme des informations inventées ou périmées. Du point de vue de la rigueur journalistique, les hallucinations sont un cauchemar. Je pense pourtant que, malgré ce risque, un usage pragmatique de cette technologie permettra avant tout de renforcer le savoir-faire journalistique. J'ai moi-même volontiers recours à l'IA, à commencer par l'automatisation des tâches les plus fastidieuses et répétitives. C'est de ce besoin qu'est née ma première application, OrsonAI, conçue pour aider à transcrire les interviews en temps réel et à les importer instantanément dans l'éditeur de texte.

Mais c'est dans la recherche documentaire que se joue la véritable révolution. Les outils d'analyse des sources ouvertes (OSINT), il y a peu encore hors de prix et réservés aux plus grandes agences de renseignement ou aux géants du marché, se sont aujourd'hui radicalement démocratisés. N'importe qui peut se construire, pour ses propres besoins, un agent qui, en quelques secondes, extraira et structurera les données clés documents de plusieurs dizaines de pages. La vérification finale des faits revient en effet toujours à l'humain, mais le simple fait de localiser en un éclair où se trouve une information précise dans un document réduit considérablement le temps de travail du journaliste d'investigation.

Naturellement, la tentation surgit très vite d'aller un cran plus loin : puisque la machine sait lire, qu'elle écrive elle-même le texte. Mon sentiment là-dessus est mitigé, car à ce stade l'intelligence artificielle est tout simplement incapable de faire à ma place ce qui compte le plus dans la fabrication d'un sujet. Aucun modèle ne sait prendre une poignée d'interviews brutes et en tirer un « séquencier » télé cohérent – une structure précise, où les propos des protagonistes s'entrelacent naturellement avec la narration de l'auteur et dialoguent intelligemment avec les images tournées. Fournir à un agent assez de contexte pour qu'il génère un scénario proche de mes attentes demanderait aujourd'hui un travail sans commune mesure avec le résultat final. C'est peut-être une question de temps et des prochaines versions des modèles, mais je n'ai pas encore trouvé d'outil capable de saisir ce niveau de complexité. L'IA se débrouille plutôt bien avec les brèves et les communiqués de presse – à condition que quelqu'un les vérifie ensuite –, mais dans les formats longs, je sens presque toujours qu'il manque un style personnel et de la fluidité.

Cela dit, je ne suis pas un adversaire dogmatique du recours à l'intelligence artificielle dans le travail créatif. L'écriture, soyons honnêtes, relève en partie d'un savoir-faire purement mécanique. Ce qui compte vraiment, c'est l'idée, le regard original et ce que l'auteur a à nous transmettre. Une bonne idée, qui sort des sentiers battus, et une pensée originale finiront tôt ou tard par percer à travers la forme. Je connais bien trop de journalistes qui n'ont rien de neuf à nous dire depuis des années, et dont les textes ressemblent à s'y méprendre à des textes tout faits générés par un algorithme – sans la moindre idée vivante. Il leur manque cette étincelle particulière, cette intelligence qui sort du cadre et cet éclair d'humanité que les mathématiques des modèles de langage ne parviennent toujours pas à saisir.

Quand je lis un article, je sais généralement dès les premières phrases si son contenu résonne en moi. Pour être franc, savoir s'il a été écrit par un humain ou par une machine passe pour moi au second plan derrière cette question : ce texte apporte-t-il quelque chose de nouveau dans ma vie ? Est-il capable de changer mon regard sur le sujet ? D'ailleurs, contrairement à une idée répandue, il est aujourd'hui très difficile de distinguer avec certitude, sur la seule base de la syntaxe, un texte humain d'un texte produit par une machine. En testant des détecteurs de textes générés par l'IA, j'ai vite découvert que des chroniques parfaitement structurées, logiques et rythmées d'éditorialistes connus, écrites dès 2013, étaient parfois étiquetées par ces logiciels comme produites à cent pour cent par une machine. Et cela marche dans les deux sens. Le détecteur ZeroGPT a attribué à une machine, à près de 98 %, un extrait de la Déclaration d'indépendance des États-Unis, et lorsque Wired a vérifié un texte qui – comme la rédaction l'a elle-même établi par la suite – était une invention de l'IA, deux détecteurs ont estimé qu'il avait très probablement été écrit par un humain. Stigmatiser des textes sur la seule base de leur sonorité me paraît donc n'avoir guère de sens.

En tant que lecteur, je juge la valeur d'un texte, pas son auteur, mais la confiance du public repose sur la question de savoir qui en répond. C'est pourquoi je comprends l'approche inverse, puriste : l'idée que, pour des raisons éthiques, le journalisme devrait rester une zone sans machines, en tant que domaine relevant d'une confiance sociale particulière. Seulement, une telle solution exigerait un contrat social ferme et la mise en place de mécanismes garantissant de façon incontestable un certificat d'origine humaine. Ces mécanismes n'existent toujours pas : les certificats d'origine humaine existants sont facultatifs et ne se sont pas imposés comme une norme dans les médias. J'y ai moi-même beaucoup réfléchi en concevant un certificat d'origine humaine ancré sur la blockchain – une preuve immuable de l'identité de l'auteur d'un texte. Mais quand j'ai soumis cette idée à des connaissances du milieu, je me suis heurté à un désintérêt total et à l'incompréhension de ce besoin.

Au bout du compte, même si le journalisme figure aujourd'hui en tête des listes de métiers les plus menacés par l'IA, je pense qu'à l'ère de l'intelligence artificielle, les journalistes dignes de ce nom s'en sortiront plutôt bien. D'abord parce que, tôt ou tard, viendra le moment d'un dégrisement général : la valeur du contrôle humain sur l'information sera prise suffisamment au sérieux pour faire l'objet d'une réglementation adaptée. Les premières règles existent déjà, même si elles vont dans une autre direction : à partir du 2 août 2026, le règlement européen sur l'IA (AI Act) impose de signaler les textes générés par l'IA qui portent sur des questions d'intérêt public, sauf s'ils ont fait l'objet d'un contrôle éditorial et que quelqu'un en assume la responsabilité. La loi demande donc qui est responsable, mais ne donne au lecteur aucun moyen de vérifier qui a réellement écrit.

Ensuite, parce que nos compétences passent parfaitement à l'échelle dans le monde de la technologie. Travailler sur ma propre application et sur l'entraînement d'un modèle m'a fait prendre conscience d'une chose capitale : créer, dans la tech comme dans les médias, c'est selon moi à 90 % un processus que nous, journalistes, maîtrisons depuis longtemps. Un cycle répétitif, fait de deux choses : la recherche et l'itération. On collecte des informations. On vérifie. On synthétise. On améliore. Et on recommence. Pour ceux qui veulent apprendre et comprendre la réalité qui les entoure, l'intelligence artificielle ouvre d'immenses possibilités. Un seul journaliste aguerri, épaulé par des modèles agentiques, peut aujourd'hui faire ce qui exigeait hier toute une équipe de rédaction. C'est une vraie chance d'accroître le contrôle exercé par la société sur les processus à l'œuvre dans le monde.

Qui va donc perdre son emploi ? Avant tout ceux pour qui le journalisme a depuis longtemps cessé d'être une mission pour devenir la reproduction de schémas. Ceux qui écrivent chaque année, sur le même sujet, un texte presque identique. Je ne vois pas une seule raison pour qu'une rédaction, quelle qu'elle soit, les emploie, alors qu'un algorithme fera la même chose plus vite et gratuitement. Je ne me berce pas d'illusions pour autant : le marché n'élimine pas toujours ceux qui se contentent de reproduire. Il élimine parfois les moins chers, ou ceux qui se trouvaient simplement le plus près de la porte. À long terme, la concurrence des machines balaiera pourtant de l'échiquier avant tout ceux qui refuseront d'évoluer et ne voudront pas apprendre. Bien sûr, il est difficile de prédire la direction que prendra une technologie qui se développe aussi vite. Je pense cependant que si l'intelligence artificielle est utilisée de manière éthique dans le travail journalistique – au service du droit naturel et supérieur de chacun à une information fiable –, elle finira, paradoxalement, par renforcer notre profession. Elle deviendra un outil qui ne remplace pas l'humain, mais décuple sa capacité d'agir.

Quand je rentre d'un tournage, je parle au bot et je lui dicte les premières phrases. Il les notera, corrigera les virgules, proposera peut-être un meilleur ordre des mots. Mais c'est moi qui étais sur le tournage, et c'est toujours moi qui décide de ce qui entrera dans le sujet et de ce que le téléspectateur verra à l'écran. Le temps gagné sur les phrases ennuyeuses et répétitives, que l'IA m'aide à automatiser, je peux le consacrer aux protagonistes de mes reportages.

Reporterzy · Magazyn Ekspresu Reporterów

Reportages sur TVP VOD

  1. ReporterzyDom w pułapce
  2. ReporterzyCzeski złodziej
  3. ReporterzyZamknięta droga do jeziora
  4. ReporterzyDroga przez pole
  5. ReporterzyKłopoty spółdzielni
  6. ReporterzySchronisko grozy
  7. ReporterzyZbiorniki w Szczecinie
  8. ReporterzyCofnięta zgoda na budowę
  9. ReporterzyZawalony dach – co dalej?
  10. ReporterzyOsiedle Maltańskie sprzedane
  11. ReporterzyŁabędzie umierają w zatoce
  12. ReporterzyZawalony dom
  13. ReporterzyZalewane domy
  14. ReporterzyDomy nad jeziorem
  15. ReporterzyOdebrane mieszkanie
  16. ReporterzyOdbieranie zwierząt
  17. ReporterzyPolowanie na mandat?
  18. ReporterzySzczury w Szczecinie
  19. ReporterzyPłot na drodze dojazdowej
  20. ReporterzyCo zatruwa Berlinek?
  21. ReporterzyBloki do rozebrania
  22. ReporterzyKolekcjonerka dworków
  23. ReporterzyUzdrowisko widmo
  24. ReporterzyOszukani „Na mieszkanie”
  25. ReporterzyAfera finansowa w Obornikach
  26. ReporterzyŚmierdząca wioska
  27. ReporterzyDroga przez salę
  28. ReporterzyTo może być koniec rybackiego Helu
  29. ReporterzyZawraca Wartę
  30. ReporterzyCiechocinek
  31. ReporterzyŻubry (nie) pod ochroną
  32. ReporterzyZapadliska finał
  33. ReporterzyZapadliska II
  34. ReporterzyAI – zagrożenia
  35. ReporterzyZapadliska
  36. ReporterzyBurmistrz biznesmen
  37. ReporterzyBiogazownia Ciechocinek
  38. ReporterzyPył węglowy
  39. Reporterzy
  40. Reporterzy
  41. Magazyn Ekspresu ReporterówUwięzieni w smrodzie
  42. Magazyn Ekspresu ReporterówŚmierdząca sprawa
  43. Magazyn Ekspresu ReporterówHotel na lata
  44. Magazyn Ekspresu ReporterówChcemy godnie żyć
  45. Magazyn Ekspresu ReporterówDożywocie
  46. Magazyn Ekspresu ReporterówOkno z widokiem
  47. Magazyn Ekspresu ReporterówChcemy godnie żyć
  48. Magazyn Ekspresu ReporterówW cieniu kominów