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title: "À propos de moi"
author: "Jakub Ćwirlej"
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language: fr
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updated: 2026-10-14
words: 854
summary: "Un portrait personnel dans lequel l'auteur se décrit comme quelqu'un qui évite les opinions figées, ce qu'il considère comme un atout pour un journaliste ou un chercheur. Il retrace son parcours, de l'atelier d'artiste de son grand-père et du projet de jeunesse de devenir professeur de philosophie jusqu'à vingt ans de reportage pour la télévision publique polonaise, et dit que le journalisme l'a aidé à vaincre la peur d'être jugé. Il évoque aussi sa famille, les livres et la musique qu'il aime, et son installation récente en Belgique, près de Gand."
summary_type: editorial
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# À propos de moi

Jakub Ćwirlej · langue du texte: FR · 854 mots

## Résumé (éditorial)

Un portrait personnel dans lequel l'auteur se décrit comme quelqu'un qui évite les opinions figées, ce qu'il considère comme un atout pour un journaliste ou un chercheur. Il retrace son parcours, de l'atelier d'artiste de son grand-père et du projet de jeunesse de devenir professeur de philosophie jusqu'à vingt ans de reportage pour la télévision publique polonaise, et dit que le journalisme l'a aidé à vaincre la peur d'être jugé. Il évoque aussi sa famille, les livres et la musique qu'il aime, et son installation récente en Belgique, près de Gand.

## Points clés (éditorial)

- Il a vécu en Pologne la plus grande partie de sa vie ; sa carrière a commencé dans une rédaction, comme journaliste et monteur.
- Il n'a pas terminé ses études et dit que sa première application, OrsonAI, s'est révélée un pétard mouillé ; il valorise la capacité à changer de cap.
- Pour lui, la créativité consiste à construire quelque chose entièrement à partir de zéro.
- Il désigne le manque d'intelligence émotionnelle comme son plus grand défaut.
- Il cite « Les Livres de Jakób » d'Olga Tokarczuk, Marcel Proust, Arvo Pärt, L’Arpeggiata et Bach dirigé par Philippe Herreweghe.

## Texte intégral (les mots de l'auteur)

Parler de moi ne m'a jamais été facile. D'abord parce que j'ai le sentiment d'en savoir encore bien peu sur moi-même. J'ai quarante ans bien sonnés et je n'ai toujours pas d'avis arrêté sur la plupart des questions que les gens jugent « déterminantes ». J'essaie toujours de laisser place à plusieurs points de vue et de ne m'attacher à aucun plus longtemps qu'il ne résiste à l'épreuve du réel. Beaucoup verront peut-être un défaut dans cette absence d'opinions tranchées et immuables ; pour un journaliste ou un chercheur, j'y vois au contraire la plus grande des qualités.

J'ai vécu la plus grande partie de ma vie en Pologne. Mon histoire avec la narration visuelle a commencé dans l'atelier d'artiste de mon grand-père – un lieu presque sacré pour moi, où j'ai compris quelle force de frappe peut avoir une seule image. Mais c'est dans une rédaction que ma carrière a commencé, comme journaliste et monteur vidéo. Cette expérience m'a fait connaître de fond en comble chaque facette du métier de la télévision et a fait de moi un créateur polyvalent. Pendant 20 ans, j'ai été reporter pour la Télévision polonaise (TVP). C'est d'autant plus ironique que, pendant toute mon enfance, il y avait peu de choses dont j'étais aussi sûr que de celle-ci : je ne deviendrais pas journaliste – comme mon père. Je voulais étudier la philosophie et devenir universitaire. La vie, et la nécessité de trouver du travail, ont eu raison de ces projets, mais c'est justement ma capacité d'adaptation qui s'est révélée être mon trait de caractère le plus important. Je me suis retrouvé dans les médias, et je m'y suis plutôt bien retrouvé.

Le journalisme m'a défini. Il m'a appris la discipline et la persévérance, mais il a surtout agi comme une thérapie au long cours – il m'a guéri de mes traumatismes d'enfance. Pendant des années, j'ai eu peur d'adresser la parole à des gens que je jugeais plus intelligents que moi ; la peur du jugement me paralysait. Avec le recul, c'était parfois franchement comique, mais le travail avec une caméra et un micro m'a forcé à affronter cette crainte. Si je tiens encore aujourd'hui au travail dans les médias, c'est justement parce qu'il permet de redécouvrir le monde sans cesse. Il offre la possibilité de redéfinir constamment qui l'on est et sa place, dans les contextes les plus divers. C'est une aventure sans fin.

Vu de l'extérieur, je peux passer pour quelqu'un d'inconstant, voire d'incapable de produire des résultats. Après tout, je n'ai pas terminé mes études, et ma première application, OrsonAI, s'est révélée un pétard mouillé. Je crois pourtant profondément qu'il faut, dans la vie, explorer sans relâche les possibles et savoir pivoter quand les circonstances l'exigent. À l'inverse, je suis capable de m'investir à fond dans les projets qui ont du sens à mes yeux – avoir passé 20 ans dans un seul secteur, et un secteur extrêmement exigeant, est sans doute la meilleure preuve que je prends très au sérieux ce que je fais.

J'aime les tâches qui demandent de la créativité. Je sais, cela sonne convenu, et le mot peut aujourd'hui désigner littéralement n'importe quoi ; c'est pourquoi il a pour moi un sens très concret : se jeter dans le grand bain et se mettre dans une situation où il faut tout construire de zéro. C'est précisément pour cela que j'ai tant aimé le métier de reporter. On peut avoir l'impression que ce sont toujours les mêmes histoires et les mêmes ressorts humains qui reviennent dans les reportages, mais un bon documentariste sait chaque fois les raconter d'une façon entièrement neuve et intrigante.

Si je devais désigner mon plus grand défaut, ce serait sans aucun doute mon manque d'intelligence émotionnelle. Je suis totalement incapable de « sentir l'ambiance ». Si on ne me dit pas les choses directement, il y a fort à parier que je ne les remarquerai pas. Cela peut sembler assez drôle, mais ce paradoxe fait que, sur ce plan, je ressemble parfois étonnamment à une intelligence artificielle.

Et dans le privé ? Ma plus grande joie, c'est ma famille. Voir grandir mes enfants est une expérience fascinante. Je m'en veux pourtant de leur avoir consacré trop peu de temps jusqu'ici – c'est l'une des principales choses que j'essaie aujourd'hui de changer dans ma vie.

J'aime les livres qui me donnent un sentiment de continuité. Ceux qui montrent que les époques et les décors ont beau changer, nous partageons au fond exactement les mêmes joies et les mêmes peines que ceux qui ont vécu des siècles avant nous. D'où ma fascination pour « Les Livres de Jakób » d'Olga Tokarczuk et pour l'œuvre de Marcel Proust. Mon grand rêve, d'ailleurs, est d'apprendre le français assez bien pour pouvoir enfin lire « À la recherche du temps perdu » dans le texte.

J'adore la musique classique – Arvo Pärt, l'ensemble L'Arpeggiata, mais surtout les cantates et les messes de Bach sous la direction de Philippe Herreweghe. Je vis depuis peu en Belgique, pas très loin de Gand, et j'espère vivement avoir bientôt l'occasion d'entendre ses interprétations en concert.

Et à part ça ? J'aime tout simplement écouter la pluie et regarder l'herbe ployer sous le vent. Cela me suffit amplement.

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Jakub Ćwirlej — Journaliste qui construit avec l'IA · sur le site: https://jakubcwirlej.com/fr/
Contexte complet: https://jakubcwirlej.com/context/fr.md · https://jakubcwirlej.com/llms.txt
